LETTRE du Père Gregory
Cập nhật: 23/11/2013 22:46

CONGREGAZIONE DELLA MISSIONE - CURIA GENERALIZIA

AVENT 2013

      « … et un petit garçon les conduira » Is 11, 6.

 

A tous les membres de la Famille vincentienne

 

Que la grâce et la paix de Notre Seigneur Jésus-Christ emplissent vos cœurs maintenant et à jamais !

 

Cette année 2013 a été une année marquante. Nous avons célébré « l’Année de la Foi » qui coïncidait avec le 50ème anniversaire du début du Concile Vatican II. Ce fut aussi l’année des « deux papes », qui nous a offert deux événements peu probables que l’on n’avait pas vus depuis des siècles : la renonciation du Pape émérite Benoît XVI, et l’élection d’un Pape non-Européen, le Pape François.

 

Mais l’un des événements marquants de 2013 qui m’a profondément touché fut ma participation à la béatification de 42 membres de la Famille vincentienne à Tarragone, en Espagne. Ces Lazaristes, ces Filles de la Charité et cette personne laïque, tous ont donné leur vie pour la foi catholique. Comme pour les martyrs vincentiens des générations précédentes, ces membres espagnols de la Famille vincentienne sont morts comme ils ont vécu : en annonçant Jésus-Christ dans le service des pauvres. C’est un témoignage fort à méditer en cette « Année de la Foi ».

 

Proche de la fin de l’année civile, l’Avent est un temps d’espérance et de renouveau. Il arrive lorsque les saisons changent, lorsque les jours et la chaleur diminuent au début de l’hiver. Mais l’Avent est le charbon ardent du feu qui nourrit le foyer de l’âme vers une réalité plus profonde : Dieu est à l’œuvre dans notre monde, quel que soit le moment ou la saison. Et nous trouvons en Jésus-Christ la raison de notre espérance et un chemin de renouveau.

 

Nous avons grand besoin d’espérance et de renouveau dans le monde actuel. Les réalités de la guerre, de la violence, de la pauvreté, de la faim et de l’injustice nous tourmentent quand nous vivons le charisme vincentien. Et ce ne sont pas « des problèmes à résoudre » mais une porte pour entrer en solidarité avec la famille humaine. L’Avent réveille et renouvelle nos cœurs dans l’espérance avec le Christ, notre chemin, notre vérité et notre vie.

 

L’événement : l’Incarnation

Les textes de l’Ecriture du temps de l’Avent expriment le désir de l’ancien Israël, non seulement d’une alliance, mais d’une relation : un contact humain, pour combler le fossé entre le ciel et la terre. Isaïe a prédit ce que les chrétiens savent désormais et qui les remplit de joie : « Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l’appellera Emmanuel, c’est-à-dire : ‘Dieu-avec-nous’ » (Is 7, 14). Avant de pouvoir accueillir ‘Dieu avec nous’, nous devons nous préparer à recevoir ce don merveilleux. C’est là que le temps de l’Avent – ses hymnes, ses lectures, sa liturgie – nous aide à nous préparer à célébrer l’Incarnation.

 

Nos lectures de l’Avent qui proviennent principalement du prophète Isaïe et de l’Evangile de Matthieu, nous offrent une riche mosaïque biblique des désirs de Dieu pour la famille humaine. Isaïe utilise des images saisissantes : monter à la « montagne du Seigneur » (2, 1-3) ; « le pays de la soif » se changera en « eaux jaillissantes » (35, 7) et en un « royaume de paix » où « le loup habitera avec l’agneau… le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira » (11, 6-8). Les images d’Isaïe symbolisent la puissance créatrice de Dieu en faveur du bien, son désir de nous apporter la guérison et l’espérance.

 

Matthieu présente aussi de magnifiques images pour l’Avent, telles que l’appel de Jésus : « Veillez donc… c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra » (24, 42. 44) ; le cri de Jean Baptiste : « Produisez donc de bons fruits témoignant de votre repentir » (3, 8) ; et l’œuvre de Jésus qui fait advenir le règne de Dieu : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent… et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres » (11, 5). Dans ces récits du salut, notre Sauveur devient l’un de nous pour accomplir l’œuvre de Dieu et sauver l’humanité. En cet Avent, prenons donc la résolution de laisser les Ecritures stimuler notre imagination et approfondir notre identité avec le Seigneur Jésus.

 

Le résultat : une transformation

Il ne suffit pas « d’aimer » les signes extérieurs de l’Avent et d’apprécier la « gloire du récit de Noël ». Comme tous les moments de la vie et de la liturgie de l’Eglise, l’Avent est un temps de formation pour une transformation. Il nous met au défi d’imiter le Christ qui « pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin de vous enrichir par sa pauvreté » (2 Co 8, 9). La pauvreté que Jésus a assumée pour nous et la richesse qu’il nous a conférée sont venues par son Incarnation, littéralement, lorsqu’il « a pris chair » dans notre condition humaine. Comment le Christ « s’incarne-t-il » dans nos vies?

 

Le don total de Jésus pour nous sert de référence pour notre être de disciples avec lui en vivant notre charisme vincentien. Le message de transformation de l’Avent réside dans le fait que la venue et la naissance de notre Sauveur sont l’affirmation suprême de la valeur de l’humanité et de la dignité de toute personne. En tant que disciples du Christ, nous devons mettre de côté nos recherches personnelles de position, de sécurité et de confort, et devenir des collaborateurs du Christ, en laissant les besoins de « l’autre » devenir nos propres préoccupations.

 

Le don de soi dans l’amour de Dieu et dans le service du prochain est le plus beau cadeau que nous puissions offrir à Noël, ou à tout autre moment de l’année. Nous donner pour le bien des autres, surtout nos Seigneurs et nos Maîtres, les pauvres de Dieu, nous relie à Jésus et à la famille humaine qu’il a rachetée. L’Avent est un temps de transformation à une manière d’aimer qui se manifeste dans la solidarité avec les autres. 

 

La solidarité avec les autres nous conduit à ne faire qu’un avec le Christ, qui est venu « non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10, 45). Dans un monde où la souffrance abonde, où la peur s’installe, et où les pauvres sont abandonnés, dénigrés et abusés, la « Bonne Nouvelle » peut apparaître comme une promesse vide. Mais quand nous entrons en solidarité au nom de Jésus, nous confessons l’amour de Dieu pour tous en mettant nos vies au service de l’Évangile. Comme nos saints fondateurs, Vincent et Louise, nous devenons « les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui… vous adresse un appel » (2 Co 5, 20).

 

La réponse : vivre les vertus vincentiennes

L’un de mes posters préférés, que j’ai reçu un jour, représentait l’arrière-cour d’une petite maison de campagne. Au centre se trouvait une femme qui étendait le linge dehors pour le faire sécher, une scène familière dans le monde entier. Ce poster portait ce simple message : « L’amour est un dur labeur ». Comme c’est vrai ! Parfois, le « dur labeur » de l’être de disciple peut être ressenti comme écrasant voire impossible. C’est ainsi que commence la transformation : en laissant la personne de Jésus et l’itinéraire de saint Vincent façonner notre vie, pour que nous témoignions des vertus de l’Évangile.   

 

Saint Vincent a mis l’accent sur les vertus de simplicité et d’humilité pour suivre le Christ et servir en solidarité avec les pauvres. Des siècles plus tard, elles sont encore d’actualité ! Par la simplicité, nous parlons sans détours et honnêtement pour dire ce que nous pensons et penser ce que nous disons. L’humilité nous maintient enracinés dans l’amour de Dieu, et ne permet pas que nos préjugés personnels nous empêchent de servir Jésus. Ces vertus constituaient la feuille de route spirituelle de Vincent ; elles l’aidaient à s’orienter sur le terrain de sa vie intérieure et à répondre généreusement aux exigences de l’apostolat. Il disait : « Notre-Seigneur ne se met et ne se plaît que dans l’humilité de cœur et la simplicité des paroles et des actions » (Coste XII, Entretien n° 204, pp. 222-223).

 

En cet Avent, prenons le temps d’examiner le degré de simplicité et d’humilité dans notre propre vie. Souvent en contradiction avec « les manières du monde », ces vertus étaient essentielles pour Jésus et St Vincent. Dans mes voyages, je suis toujours édifié par mes rencontres avec les membres de la Famille vincentienne qui vivent les vertus de simplicité et d’humilité en paroles et en actes. Notre Saint Père, le Pape François, inspire le monde avec son merveilleux témoignage de simplicité et d’humilité. Méditez ses paroles ci-dessous :  

 

« Sache que quelqu’un t’aime, qu’il t’appelle par ton nom, qu’il t’a choisi. L’unique chose qu’on te demande, c’est de te laisser aimer ».

 

C’est le sentiment qui convient le mieux au moment où nous commençons notre cheminement de l’Avent. Que Dieu vous bénisse !

 

Votre frère en St Vincent,

G. Gregory Gay, C.M.

Supérieur général

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